lundi 28 octobre 2013

Le Parti du progrès norvégien. Populiste ou extrême?

La droite a gagné les élections législatives norvégiennes le 8 septembre. Le nouveau gouvernement minoritaire est installé la semaine dernière, constitué de Høyre (droite), le parti conservateur et pour la première fois, Fremskrittspartiet (FrP, parti du progrès) un parti de droite de Høyre. Ils sont soutenu dans le parlement par les chrétien démocrates et les libéraux. Le nouveau premier ministre est Mme Erna Solberg de Høyre et le nouveau ministre des finances est Mme Siv Jensen de FrP.

Mais comment qualifier FrP? Extrême-droite? Droite populiste? Et comment expliquer sa percée et sa dédiabolisation (s'il y en a)?

FrP a rassemblé 16,3% des voix, derrière Høyre (26,8%) mais loin devant les libéraux et les chrétiens démocrates. Le parti fait pourtant moins bien qu'en 2005 et 2009 (22%). La majorité sortante était composée par les travaillistes (Arbeiderpartiet, 30,9%, qui reste le plus grand parti), la gauche socialiste et le parti du centre.

C'est un parti souvent décrit comme populiste et xénophobe (Le Monde) ou même d’extrême. Plusieurs médias internationaux n’ont retenu qu’un seul fait; que le tueur d’Utøya, Anders Behring Breivik en était membre avant de le quitter en 2004 parce qu’il ne le trouvait pas assez radical. Cela a gêné la diplomatie norvégienne parce que le parti est considéré comme modéré par rapport à d’autres partis de la droite populiste/extrême en Europe (source; Dagens Nyheter, journal suédois).

Le parti lui-même, dans son programme de principe, se décrit comme
"un parti populaire libéraliste, fondé sur la loi fondamentale norvégienne, la tradition et le patrimoine culturel norvégien et occidental, basé sur la foi chrétienne et de valeurs humanistes". 
Son prédécesseur est fondé en 1973 sur populisme fiscal et un discours anti-étatique et sa politique économique reste libérale même s'il veut aussi plus de dépenses sociales grâce à la richesse pétrolière. FrP prend, pendant les années 80/90, un tournant critique envers les musulmans et l'immigration, source de tensions culturelles et économiques selon son programme, qui prône une politique d'assimilation.

Le leader du parti est une femme, Siv Jensen (la nouvelle ministre de finance), et la section des jeunes est dirigé par Himanshu Gulati, d'origine norvégienne et indienne. Ce sont évidemment des faits importants pour la perception et l'image que donne ce parti de lui même auprès des Norvégiens.    

La gauche au pouvoir depuis 2005 était victime de l'usure de pouvoir, la gestion d'après-Utøya par le premier ministre Stoltenberg et ses services était critiquée et la gauche au pouvoir manquait un nouvel élan, voilà quelques explications de son échec selon des commentateurs. Malgré la richesse pétrolière qui met la Norvège à l'abri de la crise européenne, la demande des investissements dans le social ne cessait de croitre. A propos la question de l'immigration et de l'intégration, les sociaux-démocrates se sont plus ou moins rangés rhétoriquement derrière la ligne dûre tracée par le FrP. Et ce parti, après certains revirements spectaculaires (pour le mariage homosexuel) semble avoir achevé sa dédiabolisation.

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